Interview/ Sa Majesté Nanan Kanga Assoumou, roi de Moossou à propos du litige foncier ile Motobé : « La vérité est du côté de Akpalé Aimé »
Le roi de Moossou, Sa Majesté Nanan Kanga Assoumou, 21e souverain de Grand Bassam(Moossou) a tenu à apporter des éclaircissements le vendredi 06 mars 2026, sur l’affaire du litige foncier qui oppose, le promoteur immobilier Akpalé Aimé de l’entreprise immobilière SOAF-DAF et les propriétaires terriens de l’IIe de Motobé(APTIM). À l’occasion, il a fait savoir que la vérité est du côté de Akpalé Aimé.
Mediadiversity : L’APTIM a animé une conférence de presse le jeudi 26 février à Abidjan, au cours de laquelle elle accuse le promoteur immobilier de l’entreprise SOAF DAF, d’avoir ‘’frauduleusement’’ obtenu des titres fonciers sur leurs terres. Quelle est votre part de vérité sur cette accusation en tant que Roi de Moossou ?
Sa Majesté : Akpalé Aimé m’a sollicité pour l’aider à acquérir des terrains à l’île Motobé, malgré l’opposition de certains. C’est ainsi que j’ai réuni les chefs M’Batto. Ceux-ci m’ont confirmé leur accord pour lui confier le lotissement. Plus tard, les propriétaires sont revenus me voir. J’ai refusé d’être intermédiaire et je leur ai conseillé de négocier directement avec lui.
C’est ainsi que les accords et indemnisations ont été signés. Avant de céder leurs terres, les propriétaires ont exigé des infrastructures comme une école. Akpalé Aimé, accompagné de ses avocats, a ensuite discuté avec tous les propriétaires pour finaliser les accords.
Mediadiversity : Sa Majesté, avez-vous une idée de comment s’est déroulé les indemnisations ?
Sa Majesté : Ils se sont mis d’accord, les propriétaires de terrains de Motobé et le promoteur immobilier, Akpalé à établir une liste de paiements pour acquérir ces parcelles. En ma connaissance tout a été fait. J’ai conseillé à Akpalé de les payer jusqu’au dernier centime pour éviter les palabres. Effectivement Akpalé a réglé tout au niveau des propriétaires terriens. Seulement deux propriétaires faisaient des difficultés, et ils ont pensé que l’argent n’allait pas venir. Quand ils ont commencé à percevoir leur argent, je ne les ai plus revus. C’est leur argent, je n’en ai pas besoin.
Akpalé a payé toute la totalité de leur argent. À chaque fois qu’il paye, il m’envoie les preuves. Lorsqu’il a fini le lotissement, il a enclenché la procédure, il a déposé les documents au ministère de la construction et il m’a demandé si je ne connaissais pas quelqu’un au ministère de la construction. J’ai répondu par l’affirmative.
En son temps, Ahoussou Kouadio Jeannot, Premier ministre et qui est aussi mon ami, assumait l’intérim au ministère de la construction. Et c’est Ahoussou Kouadio qui m’appelle : ‘’Nanan, j’ai un dossier que je dois signer mais je ne devrais pas vous appeler, mais vu qu’il y a votre signature et celles de tous les chefs alors je voulais me rassurer’’.
Je lui ai répondu qu’effectivement le lotissement a été fait. Mais je l’ai fait ainsi pour éviter les palabres. C’est ainsi qu’il a répondu qu’il pouvait signer le dossier foncier d’ile Motobé sans même regarder. Il m’avait félicité en disant que si tous les lotissements se faisaient comme ça (les chefs ici et le roi lui-même mettent leurs cachets et ils signent), ça veut dire qu’il n’y a pas de palabre, ça serait bien.
Ce jour-là, il m’a fait savoir que tout est clair et qu’il va poser sa signature pour valider le dossier de lotissement. C’est comme ça que le dossier foncier de l’ile Motobé de l’entreprise immobilière a été signé sans histoire puisque tous les chefs ont apposé leur signature. C’est plus tard qu’Akpalé a estimé qu’il devrait remercier ce monsieur et il l’a fait. Les propriétaires de Motobé et Akpalé Aimé sont tombés d’accord. Le promoteur a établi une liste de paiements pour les parcelles. Tout s’est fait à ma connaissance, et j’ai insisté de ce que le paiement se fasse jusqu’au dernier centime pour éviter les disputes.
Akpalé a réglé tous les propriétaires. Deux faisaient des difficultés, doutant de recevoir l’argent. Une fois payés, ils ont disparu. C’est leur dû, pas le mien. Je précise qu’à chaque paiement, il m’envoyait les preuves.
Une fois que le lotissement a pris fin, Akpalé a déposé le dossier au ministère de la Construction. Ahoussou Kouadio Jeannot, alors Premier ministre et ministre de la construction et de l’urbanisme par intérim m’appelle encore : « Nanan, votre signature et celle des chefs m’autorisent à signer sans problème ». J’ai confirmé et il a validé le dossier foncier sans histoires. Les documents d’Akpalé ont été signés en bonne et due forme et approuvés par le ministère de la Construction à Abidjan. Pour le reste, s’il y a falsification, je n’en sais rien.
Donc tous les propriétaires terriens ont perçu leur dû ?
Oui, la vérité est du côté de Akpalé Aimé. Tous les propriétaires ont reçu leurs indemnisations des 277 hectares de l’ile de Motobé. Ils ont reçu des centaines de millions FCFA. Quand ils ont reçu leur argent et un après-midi, ils sont venus avec des bouteilles de liqueur pour me dire merci parce que selon eux, grâce à moi ceux qui n’ont jamais touché 1 million FCFA ont touché 50 millions, et 400 millions FCFA. Je confirme que les documents de Akpalé ont été signé en bonne et due forme approuvés par le ministère de la construction d’Abidjan-Côte d’Ivoire. Tous les propriétaires des 277 hectares de l’île de Motobé ont été indemnisés.
Le président de l’APTIM, André N’Guessan N’Doumi, affirme avoir été spolié. Qu’en est-il Sa Majesté ?
Pourtant M. N’Doumi allait chez Akpalé récupérer l’argent en avance, avant même les échéances, quand il était en manque. Aujourd’hui, après avoir touché la totalité, il vient se plaindre. Akpalé a raison. Les démarches que j’ai faites pour mettre N’Doumi en relation avec lui sont classiques : à Moossou, c’est ainsi qu’on procède pour les lotissements via la chefferie.
Quels montants ont perçu les anciens propriétaires des terrains de Motobé en indemnités ?
Je ne sais rien de tout ce qui est finance. J’ai juste aidé Akpalé Aimé pour que les propriétaires terrains de Motobé l’acceptent à faire son lotissement. S’il y a des milliards qui sont sortis dans ça, je ne suis au courant de rien.
L’APTIM a affirmé lors de sa conférence de presse que les terres de l’île Motobé appartiennent aux Abouré. Qu’en pensez-vous ?
Oui, certains de Moossou ont de petites parcelles à l’île Motobé, mais c’est insignifiant. L’île appartient aux M’Batto. Les Abouré n’ont aucun terrain là-bas. Pourquoi prétendre que c’est aux Abouré ? Quand les Motobé allaient travailler les terrains, il y avait des disputes. Les gens de Motobé prenaient leurs voitures pour les ramener chez eux. On les a arrêtés deux ou trois fois. Un ancien témoin principal est malheureusement décédé, sinon je vous l’aurais présenté.
Où doit-on établir l’attestation coutumière de Motobé ?
Comment pourrais-je établir une attestation coutumière pour un terrain hors de ma localité ? Moossou n’est pas Motobé, Motobé n’est pas Moossou.
Votre avis sur ce litige foncier en guise de conclusion ?
À Akpalé Aimé, on aurait dû dire : « Puisqu’ils ont des plantations, intégrez-les dans les indemnisations ». C’est tout ce que je sais. S’il y a du faux, qu’ils saisissent la justice. Moi-même, pour mes lotissements litigieux, c’est le tribunal qui tranche. Même si Akpalé a fauté, je le dénoncerai sans hésiter. J’ai prêté serment à 2 heures du matin sur le trône de mes ancêtres. Je ne cautionne pas les contre-vérités.
Propos recueillis par Maya Konan

