Côte d’Ivoire/Litige foncier : L’Association des propriétaires terriens de l’île de Motobé (APTIM) dénonce des « faux » titres fonciers
Abidjan, 27 février 2026 – L’Association des propriétaires terriens de l’île de Motobé (APTIM) a animé une conférence de presse le jeudi 26 février 2026 à la Maison de la Presse à Abidjan. Elle accuse le promoteur immobilier de l’entreprise SOAF-ADA, Akpalé Aimé Digbeu d’avoir ‘’frauduleusement ‘’obtenu des titres fonciers sur leurs terres. Il dénonce que ces titres fonciers sont « faux ».
André N’Guessan N’Doumi, président de l’APTIM, a révélé que malgré l’annulation du protocole d’accord, Akpalé Aimé a fait établir des arrêtés de concessions définitifs (ACD) sur des parcelles sans procès-verbaux (PV) de partage ni vente autorisée. Ces titres, précise le plaignant, contredisent la procédure des lotissements approuvés et sont attaqués au Conseil d’État pour annulation.
L’attestation villageoise sur les 244 hectares, selon le président de l’APTIM porte des signatures falsifiées des chefs de Motobé, non reconnues judiciairement. À l’en croire, « l’ACD issu de ce titre a déjà été annulé. De plus, les superficies des lots diffèrent entre états fonciers et livre foncier. »
Un cas d’exemple, explique André N’Guessan N’Doumi : « un ACD déposé le 31 juillet 2015 a été délivré en trois jours ouvrables (état domanial le 5 août, ACD le 20 août), sans enquête commodo-incommodo pour une parcelle hors lotissement. »
Akpalé Aimé invoque que le titre foncier TF 116 (571 morcellements) est déclaré introuvable par l’État ivoirien. Par ailleurs, il fait remarquer que ses ACD mentionnent la circonscription de Motobé, alors que la bonne est Alépé pour tous les titres fonciers.
En attente de la décision devant les tribunaux, l’APTIM dit faire confiance à la justice ivoirienne pour contrer cette « tentative d’expropriation » et rendre un verdict équitable.
Pour un équilibre de l’information, nous sommes rentrés en contact avec la partie accusée, notamment le chargé de communication du promoteur immobilier Akpalé Aimé, afin d’avoir sa version des faits. Après nos échanges du vendredi 28 février, le chargé de communication promettait de nous transmettre sa version des faits. Lundi 2 mars 2026, à la mise sous presse, aucun retour n’a été reçu. Sa réaction reste attendue
Rappelons qu’au cours d’une conférence de presse en date du 16 janvier 2026, relayée par notre confrère Afriksoir.net, Akpalé Aimé, le promoteur immobilier, a expliqué que le village de Motobé a signé en 2007 un protocole d’accord avec son entreprise pour lotir et aménager 373 hectares entre les deux ponts de Moossou.
En outre, il a souligné que tous les anciens occupants agricoles ont été indemnisés à hauteur de 428 125 000 FCFA, comme prévu par l’accord. Il a confié à Afriksoir.net ce jour-là, que dix-huit ans après, ces mêmes personnes, regroupées en association (APTIM), contestent l’extension du projet malgré un Acte correctif définitif (ACD) couvrant 24,4685 hectares.
Maya KONAN

