Sur une plage, Thomas Janin a un rendez-vous avec son sauveur, caché sous des tortillons de sable : un petit ver. « Je ne pensais pas que ça me sauverait la vie un jour. Moi, je l’accrochais au bout de l’hameçon pour pêcher des poissons mais c’était tout », confie-t-il. Cela semble inimaginable, mais cet animal présent sur nos côtes atlantiques a bien fait partie du traitement de Thomas à titre expérimental.

Il y a deux ans, sa peau brûle à 85 % après une fuite d’essence dans le petit bateau dans lequel il emmenait sa famille en promenade. « On va très vite, le bateau explose, prend feu. Moi, je suis au milieu du bateau, donc en feu aussi. En fait, je suis une torche humaine. J’étais condamné et j’allais mourir », se souvient-il.

Mais les médecins tentent un traitement expérimental : du gel cicatrisant à base de sang de ver marin. « Tous les deux jours, ils m’enlèvent toutes les bandes. Ils m’appliquent ce gel sur le torse et dans le dos. Et le miracle arrive. Ma peau va se régénérer. Au bout de trois semaines, ils vont pouvoir prélever cette peau-là pour pouvoir me faire les greffes sur le reste de mon corps », explique Thomas.

Un gel fabriqué à partir d’une molécule du ver
En Vendée, nous avons pu pénétrer dans un lieu secret, le seul d’Europe où des vers marins sont élevés à des fins thérapeutiques. Dans des bassins, ils sont des centaines de milliers à être choyés. Car il a beau être peu ragoûtant, cet invertébré a un superpouvoir. « Vous voyez, sur le côté, au niveau des petites pointes jaunes, vous avez les branchies. Il en a plein parce que pendant les 6 heures de marée basse, il doit vivre un peu en apnée », nous montre Irène Fournier, responsable d’exploitation de la Ferme Marine de Noirmoutier (Vendée).

Dans son hémoglobine, le ver marin possède en fait une molécule capable de transporter 40 fois plus d’oxygène que la nôtre. Des scientifiques extraient cette molécule et en fabriquent un gel qui possède les mêmes atouts. « Le gel est rouge, puisqu’il contient l’hémoglobine du ver marin, qui est rouge », précise Élisabeth Leize-Zal, directrice de la recherche Hemarina. Plus d’oxygène, cela signifie pour la peau brûlée une meilleure régénération. Chaque dose coûte 200 euros. « Ça peut changer la donne. On répare plus vite la barrière cutanée, donc on diminue les risques d’infection et on va avoir une cicatrisation qui va être de meilleure qualité. »

Un millier de seringues commandées pour les victimes de Crans-Montana
Voilà pourquoi les Suisses ont commandé un millier de seringues de ce gel afin de soigner neuf grands brûlés de l’incendie de Crans-Montana. À Paris, un chirurgien utilise l’hémoglobine du ver marin pour d’autres applications : « Je l’ai utilisé dans les greffes, dans les greffes de visage, les greffes de main. Tout problème médical dans lequel il y aura un besoin en oxygène pourrait avoir recours à cette molécule. Pour moi, je pense que c’est une révolution aussi importante que ne l’est l’arrivée de la pénicilline au milieu du siècle dernier », assure le Pr Laurent Lantieri, chef du service de chirurgie reconstructrice de l’Hôpital Georges-Pompidou (AP-HP) de Paris.

Les autorités françaises demandent un essai clinique afin d’évaluer ces médicaments. Le ver marin pourrait alors être proposé au plus grand nombre. Un plein d’espoir pour les malades.

Sur une plage, Thomas Janin a un rendez-vous avec son sauveur, caché sous des tortillons de sable : un petit ver« Je ne pensais pas que ça me sauverait la vie un jour. Moi, je l’accrochais au bout de l’hameçon pour pêcher des poissons mais c’était tout », confie-t-il. Cela semble inimaginable, mais cet animal présent sur nos côtes atlantiques a bien fait partie du traitement de Thomas à titre expérimental.

Il y a deux ans, sa peau brûle à 85 % après une fuite d’essence dans le petit bateau dans lequel il emmenait sa famille en promenade. « On va très vite, le bateau explose, prend feu. Moi, je suis au milieu du bateau, donc en feu aussi. En fait, je suis une torche humaine. J’étais condamné et j’allais mourir », se souvient-il.

Mais les médecins tentent un traitement expérimental : du gel cicatrisant à base de sang de ver marin. « Tous les deux jours, ils m’enlèvent toutes les bandes. Ils m’appliquent ce gel sur le torse et dans le dos. Et le miracle arrive. Ma peau va se régénérer. Au bout de trois semaines, ils vont pouvoir prélever cette peau-là pour pouvoir me faire les greffes sur le reste de mon corps », explique Thomas.

Un gel fabriqué à partir d’une molécule du ver

En Vendée, nous avons pu pénétrer dans un lieu secret, le seul d’Europe où des vers marins sont élevés à des fins thérapeutiques. Dans des bassins, ils sont des centaines de milliers à être choyés. Car il a beau être peu ragoûtant, cet invertébré a un superpouvoir. « Vous voyez, sur le côté, au niveau des petites pointes jaunes, vous avez les branchies. Il en a plein parce que pendant les 6 heures de marée basse, il doit vivre un peu en apnée », nous montre Irène Fournier, responsable d’exploitation de la Ferme Marine de Noirmoutier (Vendée).

Dans son hémoglobine, le ver marin possède en fait une molécule capable de transporter 40 fois plus d’oxygène que la nôtre. Des scientifiques extraient cette molécule et en fabriquent un gel qui possède les mêmes atouts. « Le gel est rouge, puisqu’il contient l’hémoglobine du ver marin, qui est rouge », précise Élisabeth Leize-Zal, directrice de la recherche Hemarina. Plus d’oxygène, cela signifie pour la peau brûlée une meilleure régénération. Chaque dose coûte 200 euros. « Ça peut changer la donne. On répare plus vite la barrière cutanée, donc on diminue les risques d’infection et on va avoir une cicatrisation qui va être de meilleure qualité. »

Un millier de seringues commandées pour les victimes de Crans-Montana

Voilà pourquoi les Suisses ont commandé un millier de seringues de ce gel afin de soigner neuf grands brûlés de l’incendie de Crans-Montana. À Paris, un chirurgien utilise l’hémoglobine du ver marin pour d’autres applications : « Je l’ai utilisé dans les greffes, dans les greffes de visage, les greffes de main. Tout problème médical dans lequel il y aura un besoin en oxygène pourrait avoir recours à cette molécule. Pour moi, je pense que c’est une révolution aussi importante que ne l’est l’arrivée de la pénicilline au milieu du siècle dernier », assure le Pr Laurent Lantieri, chef du service de chirurgie reconstructrice de l’Hôpital Georges-Pompidou (AP-HP) de Paris.

Les autorités françaises demandent un essai clinique afin d’évaluer ces médicaments. Le ver marin pourrait alors être proposé au plus grand nombre. Un plein d’espoir pour les malades.