Côte d’Ivoire : » environ 3 millions de personnes seraient susceptibles de présenter un problème de santé mentale » ( Pr Koua Médard)
En Côte d’Ivoire, environ 3 millions de personnes, soit environ 10% de la population, seraient susceptibles de présenter un problème de santé mentale. Les jeunes âgés 10 à 24 sont en première ligne, représentant plus de 30% des tentatives de suicide enregistrées dans le pays.
L’information a été donnée par Pr Asseman Koua Médard, medecin-psychiatre, directeur-coordonnateur du Programme National de Santé Mentale ( PNSM) lors de la tribune » Tout Savoir » du Centre d’Information et de Communication Gouvernementale ( CICG) dont il était l’invité le mardi 27 octobre 2026.
» La Côte d’Ivoire compte environ 3 millions de personnes ( 10% de la population) susceptibles de présenter un problème de santé mentale nécessitant des soins adaptés. Or, seulement 60 à 70 mille personnes sont suivies dans nos structures psychiatriques conventionnelles.
Les jeunes de 10 à 24 ans représentent plus de 30% des tentatives de suicide en Côte d’Ivoire », a fait savoir Pr Koua Médard.
» Ce n’est pas trois millions de personnes qui doivent être hospitalisées dans les hôpitaux psychiatriques. C’est trois millions de personnes qui ont besoin de soins de santé mentale. Certains ont besoin de soins légers et d’autres de soins sévères », a toutefois nuancé le directeur-coordonnateur du PNSM.
Poursuivant, il a expliqué que le ministère ivoirien de la santé a réalisé deux enquêtes sur la santé mentale dans les deux plus grandes métropoles de la Côte d’Ivoire, notamment, Abidjan et Bouaké.
» A Bouaké, 25% de la population présenterait un problème de santé mentale ou aurait déjà souffert d’un trouble de santé mentale., soit un habitant sur quatre. Dans le Grand Abidjan, 40% des personnes qui y vivent, auraient déjà présenté ou souffriraient d’un trouble mental », a-t-il précisé.
Dans la foulée, il s’est félicité de l’augmentation du nombre de structures spécialisées en santé mentale en Côte d’Ivoire.
» Notre pays compte aujourd’hui environ 100 structures spécialisées en santé mentale, soit une augmentation de 40% entre 2019 et 2025″, a souligné Pr Koua.
En 5 à 10 ans, dira-t-il, le nombre de ressources humaines spécialisées en santé mentale, a été multiplié par 5 allant de 60 à plus de 200 spécialistes toutes catégories confondues.
» C’est un progrès réel, mais ce nombre reste encore insuffisant au regard des besoins, surtout avec la prolifération des structures non conventionnelles, notamment, les camps de prières « , a fait remarquer le conférencier.
Selon lui, l’Observatoire du suicide, en déploiement national, développé avec l’unité de recherche clinique de Côte d’Ivoire, permettra de mieux documenter le phénomène du suicide et d’orienter les actions de prévention.
» Les troubles mentaux se soignent. Plus on consulte tôt, mieux on se rétablit », a assuré le directeur-coordonnateur du Programme National de Santé Mentale.
source: Abidjan.net

