Unité retrouvée à l’Église du christianisme céleste : Abidjan au cœur d’un tournant historique
Unité retrouvée à l’Église du christianisme céleste : Abidjan au cœur d’un tournant historique
Abidjan, 31 mars 2026 — Après des années de tensions internes et de divisions au sommet, l’Église du christianisme céleste (ECC) semble amorcer un virage décisif vers l’unité.

Réunis mardi dans un hôtel de Marcory, à Abidjan, des responsables et figures historiques de cette congrégation religieuse ont affiché leur volonté commune de tourner définitivement la page des dissensions.
Au centre de cette dynamique, Bertin Bada, vénérable suprême évangéliste et Coordonnateur général du Conseil supérieur de transition (CST), a exposé les enjeux et les avancées issues de ces assises. Selon lui, cette rencontre marque une étape clé dans la quête d’une gouvernance unifiée pour une Église forte de plusieurs dizaines de millions de fidèles à travers le monde.
Depuis plusieurs années, l’ECC fait face à une crise de leadership caractérisée par un bicéphalisme au sommet, avec des chefs mondiaux issus de différents pays, notamment du Nigéria et du Bénin, ainsi que d’autres figures auto-proclamées. Une situation qui, bien que n’ayant pas fracturé la base des fidèles, a profondément fragilisé la direction de l’Église.

« L’Église n’est pas divisée en tant que telle, c’est le sommet qui l’est », a clarifié Bertin Bada, insistant sur la nécessité d’un cadre consensuel pour garantir la stabilité institutionnelle.
Pour répondre à cette crise, le Conseil supérieur de transition a été mis en place avec pour mission de faciliter le dialogue entre les différentes tendances. Après plusieurs mois de concertation, des avant-projets de textes ont été élaborés, notamment une version révisée de la Constitution dite « bleue », un règlement intérieur ainsi que des mécanismes encadrant synodes et conclaves.
Ces documents, fruit d’un travail inclusif intégrant même des courants historiquement opposés, devraient bientôt être soumis à l’approbation du Sacré collège, composé des deux pasteurs mondiaux. L’objectif final est clair : parvenir à l’élection d’un pasteur mondial unique, tout en organisant la transition avec l’actuel titulaire.

« Nous sommes à la dernière étape. Dans les semaines à venir, si les textes sont validés, nous pourrons procéder à la proclamation d’un pasteur mondial et à la sortie d’un autre », a indiqué le Coordonnateur général du CST.
En Côte d’Ivoire, la situation locale illustre parfaitement ces tensions au sommet. Depuis des années, l’Église est marquée par la rivalité entre Jacob Blin Ediémou et Kanon Luc, deux figures majeures dont les différends ont même été portés devant les juridictions, sans parvenir à une résolution définitive.
Fait notable, ces deux personnalités n’ont pas pris part aux assises d’Abidjan, pourtant cruciales pour l’avenir de l’Église. Une absence qui n’a pas échappé aux observateurs, même si les organisateurs se sont gardés de tout commentaire polémique.

« Nous ne sommes pas là pour dire qui a raison ou tort », a sobrement rappelé Bertin Bada.
À l’issue de ces assises, qui s’achèvent ce mercredi, les participants se veulent néanmoins optimistes. Ils espèrent que les résolutions adoptées ouvriront la voie à une ère nouvelle, marquée par la cohésion, la stabilité et une gouvernance clarifiée.
Pour les millions de fidèles de l’Église du christianisme céleste en Côte d’Ivoire et à travers le monde, l’heure semble donc être à l’espoir d’une unité retrouvée, longtemps attendue.
AMED BAMBA

