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Dr Olga Porquet-Mabanza : parcours inspirant de femme

Dr Olga Porquet-Mabanza, actuelle directrice de l’hôpital psychiatrique de Bingerville retrace son parcours, de major de sa promotion en faculté de médecine au poste de directrice

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Elle est la première femme à occuper ce poste depuis la fondation de l’hôpital. Son dévouement pour la psychiatrie a contribué à une perception positive de la santé mentale. Ses collaborateurs soulignent son influence bénéfique depuis qu’elle a pris ses fonctions au sein de cet établissement de santé.

Engagée pour la cause humanitaire

Dr Olga Porquet-Mabanza choisit le Sénégal, un pays qu’elle affectionne depuis son enfance, pour entreprendre ses études de médecine à l’université Cheick Anta Diop, reconnue comme une référence en sciences médicales en Afrique de l’Ouest. Ce choix selon elle, n’est pas anodin : au-delà de l’excellence académique, c’est une connexion personnelle avec le Sénégal qui la guide. Après l’obtention de son baccalauréat, elle s’engage dans un cursus couronné par un succès. Major de sa promotion au concours des internes des hôpitaux en psychiatrie, elle entame la spécialisation en psychiatrique.

C’est à la clinique psychiatrique Moussa Diop de l’hôpital de Fann, à Dakar, qu’elle découvre véritablement sa vocation. Confrontée à la détresse des patients, elle perçoit leur souffrance, évoque-t-elle. Mais aussi leur humanité. « J’ai tout de suite vu des personnes en souffrance, mais aussi des personnes qui, une fois en rémission, redevenaient comme vous et moi, reprenant leur vie quotidienne avec gratitude », confie-t-elle. Cette expérience marque un tournant : la psychiatrie, dit-elle, ne l’a pas choisie, c’est elle qui a été choisie par cette discipline. Après huit ans d’études médicales, suivis de quatre années de spécialisation, elle embrasse la psychiatrie qui selon elle, est la spécialité médicale la plus humaine, celle qui demande le plus d’empathie, d’écoute et de don de soi.

Après sa formation, elle accepte une mission en Casamance dans le sud du Sénégal, une région en proie à des conflits . Pendant six mois, elle est la seule femme psychiatre à travailler dans cette zone à risque.

Après son passage au Sénégal, Dr Porquet-Mabanza poursuit son parcours en France, où elle travaille dans un hôpital psychiatrique et se forme en psycho traumatologie, une discipline centrée sur la gestion des traumatismes psychiques. Cette expertise enrichit son approche pour accompagner les patients confrontés à des expériences complexes.

En 2015, animée par le désir de contribuer au développement de son pays, elle décide de rentrer en Côte d’Ivoire. Recrutée comme fonctionnaire de l’État, elle intègre d’abord le Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU) en tant que psychiatre, une position où elle apporte un soutien psychologique crucial dans des situations d’urgence. Deux ans plus tard, elle est nommée cheffe du service psychosocial du Centre national de prévention et de traitement de l’insuffisance rénale. Pendant sept ans, elle accompagne les patients en hémodialyse à travers le pays, supervisant l’ensemble des centres de dialyse de Côte d’Ivoire.

Changer les préjugés sur l’hôpital psychiatrique de Bingerville 

Le 5 mars 2025, le Dr Olga Porquet-Mabanza franchit une nouvelle étape dans sa carrière en prenant la direction de l’hôpital psychiatrique de Bingerville. Cette nomination consacre son parcours exceptionnel et son dévouement à la psychiatrie. À la tête de cet établissement sanitaire, elle continue de porter sa vision, convaincue que permettre à un patient de retrouver ses facultés est l’une des plus belles récompenses de son métier. Selon elle, l’hôpital psychiatrique a augmenté ses capacités dans le domaine de la sécurité et améliorer son service dans la prise en charge des patients.

Dr Olga Porquet-Mabanza, directrice de l’hôpital psychiatrique de Bingerville, s’engage à transformer les perceptions sur la santé mentale en Côte d’Ivoire. « Pour beaucoup d’Ivoiriens, notre hôpital est encore perçu comme un ‘asile de fous’ », déplore-t-elle. Afin de briser ces préjugés, elle multiplie les initiatives pour ouvrir les portes de l’établissement, notamment à travers des échanges avec les médias et une présence active sur les réseaux sociaux. « C’est ensemble, main dans la main, que nous changerons les mentalités sur la santé mentale et l’image de notre hôpital », affirme-t-elle avec conviction

 

Une vue de l’entretien avec Dr Olga Porquet-Mabanza et l’Union des journalistes et professionnels de la communication de Bingerville (UJPCB) dans les jardins de l’hôpital psychiatrique de Bingerville

Maya Konan