Mozambique: «Nous servions d’esclaves», témoigne une rescapée du groupe jihadiste des shebabs

Dans la province du Cabo Delgado, au nord du Mozambique, le groupe jihadiste qui se fait appeler Al-Chabab, affilié  au groupe État islamique, sème la terreur depuis 2017. En quatre ans, la crise a fait environ 3 000 morts et 800 000 déplacés. Ces derniers mois, le Rwanda et la SADC ont envoyé des troupes dans la région pour aider Maputo à lutter contre les insurgés. Pemba, la capitale de la province du Cabo Delgado, depuis le début de la crise, cette ville, sécurisée, accueille des milliers de déplacés, ayant fui les violences des jihadistes. Ici, une dizaine de femmes ont trouvé refuge dans un gymnase, après avoir échappé aux mains des shebabs.

« Ils m’ont enlevée alors que je travaillais aux champs. Ils ont pris aussi d’autres femmes aussi et ils ont égorgé trois hommes sur place », dit une jeune Mozambicaine qui témoigne anonymement. Elle est restée captive pendant un an et quatre mois. Elle a accouché d’un enfant né du viol. « Les filles qui ont été capturées sont nombreuses, avec des enfants. Ils les ramassent dans les villages, même celles qui allaitent, qui sont enceintes, ils les emmènent dans la forêt. Et la vie là-bas est horrible. Nous prions seulement pour que cette situation se termine », espère-t-elle.

« Ils sont seulement là pour tuer », témoignage d’une femme qui a été leur captive pendant des mois.

Lors des attaques des villages, les shebabs tuent les hommes et emmènent les femmes et les enfants avec eux. Les jeunes garçons sont ensuite entraînés militairement et mis à l’école coranique. « Les shebabs disaient qu’ils voulaient tuer tout le gouvernement du Mozambique et mettre la religion au pouvoir. Mais leur religion n’est pas une vraie religion. Ils sont seulement là pour tuer », raconte la rescapée.

La jeune femme a finalement réussi à s’enfuir avec ses enfants et une de ses amies, restée, elle aussi, aux mains des shebabs pendant plus de six mois. « Nous, les femmes séquestrées, nous servions d’esclaves. Nous étions obligées de faire le ménage, la lessive, de chercher à manger et de faire la cuisine. Nous devions aussi coucher avec les hommes qui étaient nos boss. Et ça, ils nous forçaient, même si on ne voulait pas. Si tu ne couchais pas avec eux, ils pouvaient te tuer », se souvient-elle.

Pour l’instant, les deux femmes n’envisagent pas de rentrer chez elles, dans le nord du Cabo Delgado. Bien que les insurgés y aient perdu plusieurs de leurs bastions, la situation sécuritaire y reste très volatile, ce qui rend la zone difficile d’accès pour les organisations humanitaires.

Source Afique Infos

Spread the love

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
20 − 12 =


Next Post

Mines en République démocratique du Congo : « Un pillage qui réduit une partie de la population à une forme d’esclavage »

lun Oct 4 , 2021
Mines en République démocratique du Congo : « Un pillage qui réduit une partie de la population à une forme d’esclavage »

DERNIERES INFOS

Instagram did not return a 200.

Directeur de Publication

BAMBA AMADOU

Journaliste formé à l’institution britannique Media Diversity Institute (MDI), membre du cabinet de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI ), secrétaire général de l’Union des Journalistes Professionnels pour la Promotion de la Paix et du Développement (UJPD)

Catégories