Lutte contre le cancer : Le gouvernement ivoirien renforce l’arsenal thérapeutique

Prévention, dépistage, diagnostic précoce et traitement. L’espoir grandit sur le front de la lutte contre le cancer du sein. Le gouvernement renforce l’arsenal thérapeutique à la disposition des femmes pour que la lutte contre le cancer ne soit plus une guerre perdue d’avance.

C’est l’une des parties les plus visibles de la féminité. Malheureusement, quand les cellules s’affolent, les seins deviennent source de fragilité et objet de tant de drames pour de nombreuses femmes. Même si dans un jeu de lettres, la combinaison peut être cancre, le cancer reste une maladie terrifiante. Le cancer du sein est le plus répandu chez la femme.
« En Côte d’Ivoire, on a diagnostiqué 3306 nouveaux cas en 2020 avec 1785 décès », a déploré le coordonnateur du Programme national de lutte contre le cancer, Pr Innocent Adoubi.
Au Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO) ouvert en 2018, sur les 5589 patients reçus, on note 1076 cas de cancer du sein.

Derrière ces chiffres, ce sont autant de vies qui vacillent et sombrent trop souvent.

Dame M.S. a perdu sa fille arrachée à son amour par un cancer du sein.
« Ma fille est décédée le lendemain de son anniversaire. Elle avait à peine 35 ans. Elle n’a pas eu le temps de se marier, d’avoir des enfants », sanglote encore cette mère marquée à jamais par les jours de souffrance partagés. Face à cette pathologie lourde, les familles sont démunies et désemparées. Pour de nombreuses femmes, pendant de longues années, ces six lettres rassemblées signaient impitoyablement leur arrêt de mort.

Heureusement, sur la ligne de front, le ciel se dégage. Guerrières ou survivantes, appuyées sur l’arsenal thérapeutique que l’État met à leur disposition, les femmes se battent avec rage pour leurs vies et sûrement au nom de toutes celles qui sont tombées les armes à la main.

Et en ce mois d’octobre aux teintes de la vie qui se veut résistante, les femmes parlent pour porter haut l’espoir. Un espoir qui permet de rêver la vie en rose malgré le cancer…

Des actions concrètes qui redonnent de l’espoir aux malades

En effet, grâce aux efforts déjà consentis et aux actions annoncées par le gouvernement, les femmes sont assurées de ne pas engager une guerre perdue d’avance. L’État a renforcé l’arsenal thérapeutique pour permettre aux femmes malheureusement touchées d’affronter la maladie en mettant toutes les chances de leurs côtés.

« Le cancer du sein peut se traiter entièrement en Côte d’Ivoire et dans de bonnes conditions avec un plateau technique qui répond aux normes internationales et une équipe pluridisciplinaire », affirme la directrice du CNRAO, Pr Judith Didi-Kouko Coulibaly. L’ouverture du CNRAO marque un tournant important dans la prise en charge du cancer en Côte d’Ivoire. Avant ce centre, tous les malades devaient se rendre à l’extérieur pour la radiothérapie.

« Après la chimiothérapie, j’ai subi une intervention chirurgicale et je devais faire la radiothérapie. Malheureusement, ce n’était pas possible en Côte d’Ivoire. Il fallait trouver une prise en charge pour aller à l’extérieur. J’étais désemparée. L’ouverture du CNRAO a donné de l’espoir aux patients », relate dame P. A.

Pour de nombreux malades, le centre a donc permis une accessibilité de diagnostic, de traitement. Il leur offre aussi des modalités d’accessibilité financières étudiées. Depuis l’ouverture du centre jusqu’à la fin du mois de septembre 2021, 1244 personnes ayant sollicité un appui ont été soutenues pour un montant  d’environ 1,2 milliard. 119 patients ont été entièrement pris en charge par la Présidence de la République à hauteur de 29 564 000 FCFA. 316 malades ont bénéficié de l’assistance du Conseil de santé du ministère à hauteur de plus de 362 millions de FCFA. 809 patients ont pu commencer leur traitement alors qu’ils n’avaient pas les moyens.

Conscient de la charge psychologique et financière que représente cette maladie, l’État, depuis quelques années, s’emploie à rendre tous les médicaments anticancéreux gratuits.
Au lancement de la campagne Octobre rose en 2017, le gouvernement avait annoncé la gratuité de trois médicaments utilisés pour le traitement de cancers les plus fréquents (sein, col de l’utérus, ovaire côlon, rectum, cerveau, rein…).

Après ce premier pas, le gouvernement veut mettre gratuitement des médicaments innovants et extrêmement chers à la disposition des malades.

Le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture Maladie Universelle, Pierre Dimba, a annoncé lors du lancement d’Octobre rose 2021 que le gouvernement va investir 20 milliards de FCFA pour rendre accessibles certains protocoles thérapeutiques. Mais déjà, il faut noter que dans le cadre des conventions avec des partenaires et des laboratoires médicaux, le gouvernement a réussi à faire passer le coût des protocoles évalués à 1,5 million à 150 000 F CFA.

Toutes ces actions se conjuguent pour porter aux femmes ce message d’espoir qui rend audible l’appel au dépistage précoce.
Et surtout pour dépouiller le crabe maudit de ses pinces mortelles. Afin que, comme le « prophétise » le thème de cette année, les femmes puissent, un jour, lancer avec désinvolture « J’ai le cancer du sein et alors ? », parce que convaincues de partir en guerre avec les faveurs du pronostic.

Source : CICG

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BAMBA AMADOU

Journaliste formé à l’institution britannique Media Diversity Institute (MDI), membre du cabinet de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI ), secrétaire général de l’Union des Journalistes Professionnels pour la Promotion de la Paix et du Développement (UJPD)

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