Immigration des  femmes  au Koweit et en  Oman : Quand le rêve se transforme en un véritable cauchemar

Côte d’Ivoire / Immigration des  femmes  au Koweit et en  Oman : Quand le rêve se transforme en un véritable cauchemar

Motivées  par la recherche du bonheur, des ivoiriennes  s’orientent vers d’autres  horizons où elles espèrent faire fortune. Le triste constat que l’on fait aujourd’hui, c’est que les femmes mariées  et les jeunes filles   s’intéressent  à l’immigration que les hommes. C’est le cas  de certaine  qui ont vu leur aventure se transformer en un véritable cauchemar au Koweït.

Depuis  2020, des ivoiriennes  ont décidé de se rendre dans des pays du moyen orient comme  le Koweït et  l’Oman où il faut le dire, l’économie est en pleine expansion avec l’exploitation de vastes réserves pétrolières. Elles sont parties de la  Côte d’Ivoire pour le Koweït et l’Oman dans l’espoir de mieux gagner leur vie en tant que travailleuses domestiques.

Seulement voici. Dans le mois de Septembre dernier, la plupart d’entre elles ont été rapatriées au pays dans des conditions difficiles. Depuis leur arrivée, elles expérimentent galère et souffrance. Car elles sont rentrées en Côte d’Ivoire sans le moindre sous et sans bagages. Dans la journée du dimanche  3 Octobre 2021,  notre équipe de reportage a  rencontré certaines de ses compatriotes rapatriées du Koweït  et de l’Oman dans les communes de Bingerville et d’Anyama, qui avaient déposé leurs valises dans ces  pays et qui n’ont pas respecté les textes en vigueur dans ces pays en matière d’immigration. Autrement dit, c’est illégalement qu’elles ont quitté leurs lieux de travail avant de prendre la rue ou se reloger chez une sœur. Mais leur séjour n’a été que de courte durée. Les autorités ont mis la main sur ces ivoiriennes avant de les rapatrier au pays.  Ces ivoiriennes ont vu leur aventure se transformer en un véritable cauchemar. Elles croupissaient depuis ce mois de leur arrestation dans les geôles des prisons Koweitiennes.

Mme Berté Maimouna, cette dame mariée et mère de  trois  enfants, une de ces rapatriées qui travaillait comme  domestique au Koweït, nous a retracé le récit complet durant son voyage. Abattue et presque tendue,  fatiguée et affaiblie, elle  a exprimé son ras-le-bol et son désespoir après  l’exposé qu’elle a fait à notre équipe de reportage. Elle a dénoncé ce qu’elle considère comme une injustice au Koweït.

« Le voyage est organisé par des agences de placement de servantes.  Il a fallu trois jours de route pour nous rendre dans la capitale guinéenne(Conakry) où nous avons  pris l’avion pour nous rendre en Ethiopie et après au Koweït et l’Oman. Nous étions au nombre de 86 personnes parties de la Côte d’Ivoire pour le Koweït. Arrivées au Koweït, nous avons été accueillies par d’autres agences de placement de servante qui nous ont conduites  chez nos patrons. Depuis ce temps, nous travaillions,  moyennant 80 Dinas, environ 100 000 F à 150 000 f CFA. Même celles  qui sont  parties à en Oman sont toutes revenues », a-t-elle révélé.

Selon elle, la maltraitance des patronnes oblige certaines à rejoindre leurs sœurs africaines qui ont décidé de pratiquer la prostitution.

« Nous travaillons sans repos durant toute la journée et même souvent tard dans la nuit. En réalité c’est une forme camouflée de travail forcé ou de l’esclavage. Toute chose qui pousse certaines sœurs à rejoindre celles qui ont décidé d’embrasser le métier de la prostitution malgré les risques et les dangers auxquels nous sommes exposées. L’agence signe un contrat de deux ans avec nos  patrons. Et quand le contrat prend fin, le patron se charge de votre départ au pays. Imaginez-vous, durant ces deux années de travail pénible, vous devez payer cinq mois de salaire à l’agence qui a payé votre billet d’avion », a déploré Mlle Clarisse, une autre  jeune fille rapatriée  du Koweit. Selon elle, dans ce pays, le travailleurs étranger est régi par  un système de tutelle appelé ‘’Kafala’’. Le travailleur doit avoir un employeur ‘’sponsor’’ pour être autorisé à travailler. Ce dernier est juridiquement responsable de son employé. Si un travailleur étranger fut son lieu de travail, il peut être arrêté et condamné (peines de prisons allant jusqu’à six mois, expulsion, interdiction de séjour accompagnée d’une amende).

La prison, un passage obligé avant le rapatriement

Toutes celles qui ont le malheur de travailler chez des patronnes ou des patrons méchants sont toujours à la merci de la police koweitienne. La plupart d’entre elles qui s’opposent  à ce départ forcé à la fin du contrat, sans papiers,  préfèrent se reloger chez d’autres sœurs qui ont eu la chance de se louer une chambre, avant de se  trouver un autre boulot. Mais cette aventure commet des fortunes diverses. Car selon les closes du contrat, dès que vous fouler le seuil du lieu de travail, le patron bloque tous vos papiers et on vous interdit de franchir le périmètre du lieu de travail. Le patron ou la patronne seul est habilité a organisé votre retour au pays. Une fois vous tomber dans les filets de la police dehors, votre rapatriement est immédiat. Car les sans-papiers n’ont pas leur place au Koweït.

« Quand je partais, je n’ai pas su que je portais une grossesse d’un mois. Après  cinq  mois de travail au Koweït, mes patrons ont décidé que je parte accoucher dans un camp de détention qui est en réalité une prison. Ils m’ont confiée à la police et je suis allée accoucher dans ce camp de détention. Je me suis retrouvée là-bas sans bagages et sans argent. Car dans ce pays, porter une grossesse sans êtres mariées est une violation de la loi en vigueur. Après l’accouchement, j’ai été rapatrié sans papiers, sans  bagages et sans argent avec d’autres sœurs africaines. Cette prison est faite pour les prostitués, les drogués, les sans-papiers et toutes celles qui portent une grossesse  sans père. Je suis retournée au pays avec mon bébé avec des papiers du bébé établis au consulat de Côte d’Ivoire en Arabie Saoudite. Dans ce camp, nous avons été dépossédées de tous nos téléphones portables. Les cas de tortures sont légions. Des ivoiriennes sont encore en prison au Koweït. Il y’a même des étudiantes parmi elles », a dénoncé Mme Diomandé Satou.

Il faut le dire, ce retour au pays sans le moindre sou est considéré comme une humiliation pour certaines. Pour éviter d’être la proie des mauvaises langues, d’autres préfèrent se reloger chez des amis dans la capitale économique ivoirienne, en attendant une autre occasion pour tenter pour une seconde fois la route de l’aventure vers le continent Européen.

Amed Bamba

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BAMBA AMADOU

Journaliste formé à l’institution britannique Media Diversity Institute (MDI), membre du cabinet de l’Union Nationale des Journalistes de Côte d'Ivoire (UNJCI ), secrétaire général de l’Union des Journalistes Professionnels pour la Promotion de la Paix et du Développement (UJPD)

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