Les chiffres avancés par les commerçantes suffisent à comprendre leur colère. D’après l’Agence ivoirienne de presse, qui a suivi la rencontre avec les autorités, l’apolo acheté 19 000 FCFA il y a peu se négocie aujourd’hui à 35 000 FCFA. Le sosso a grimpé de 18 000 à 46 000 FCFA. À ce tarif, revendre au détail sans perdre la clientèle devient un casse-tête.
Prix du poisson à Daloa : que s’est-il passé mercredi ?
Mercredi matin, des vendeuses de poisson congelé, rejointes par d’autres femmes, ont manifesté dans la ville. Avant d’être reçues par l’autorité préfectorale, certaines s’en sont prises à des chambres froides, où elles s’approvisionnent, et y ont causé des dégâts.
Le préfet de région, Yacouba Doumbia, a ensuite réuni les manifestantes en présence d’ Inza Sylla, adjoint au maire, de N’cho Beda Jean, directeur régional du Commerce, et d’ Aka Marcel, président des chambres froides du Haut-Sassandra. Il a appelé au calme et chargé la direction régionale du Commerce de retracer l’évolution des prix. Aka Marcel, lui, a soutenu que la hausse ne dépendait pas directement des opérateurs locaux.
Pourquoi les vendeuses de poisson ferment-elles leurs étals ?
La présidente des vendeuses de poisson congelé, Lago Liliane, a maintenu la ligne fixée par ses membres : pas de vente jusqu’à lundi, malgré l’appel du préfet. Le représentant de l’État a promis de les recevoir de nouveau ce jour-là.
Pour les ménages de Daloa, cela signifie plusieurs jours sans poisson congelé sur les marchés de la ville, en pleine période de vie chère.
La hausse du poisson touche aussi Abidjan
Daloa n’est pas un cas isolé. Lundi 19 octobre, au grand marché d’ Abobo, à Abidjan, des commerçantes se plaignaient déjà du coût des cartons de poisson, partagées entre une hausse de leurs prix et des marges rognées. La viande subit la même tension depuis plusieurs semaines, et la colère des vendeuses de Daloa a fait ce jeudi la une d’une partie de la presse ivoirienne.
Le Haut-Sassandra vit une fin d’année agitée. Sur la place Lobia, le 17 octobre, le SYNAPCI maintenait encore son mot d’ordre de grève du cacao, alors qu’une partie des planteurs de la région l’avait rejeté fin septembre.
SOURCE/AIP./Afriquesur7