Une vingtaine de parents, accompagnés de leurs enfants en situation de handicap auditif ou visuel qui ont participé à un échange dynamique lors d’un « Meet up » dédié à l’éducation, la santé et la promotion d’une vie saine. Animée par Emma Mouhi, responsable de la communication à l’AIBEF, ce dialogue intergénérationnel vise à renforcer la communication et la compréhension entre parents et enfants sur des thématiques essentielles telles que l’hygiène menstruelle et la prévention des IST/VIH/Sida, dans le but de promouvoir une meilleure santé et un bien-être global.
Les discussions ont débuté par une session plénière interactive sur la sexualité. Les participants ont ensuite été répartis en deux ateliers : l’un, animé par le Dr: Marie Claire Bony, chef de service prévention du programme national de santé scolaire et universitaire-santé adolescents et jeune (PNNSSU-SAT), était dédié aux enfants, tandis que l’autre, conduit par un spécialiste des relations enfants-parents, s’adressait aux adultes.
Selon Rodrigue Kambou, coordonnateur des jeunes, ces échanges abordent non seulement la dimension sexuelle, mais aussi les relations interpersonnelles dans l’environnement des enfants en situation de handicap. « Tout le monde a droit à l’éducation, à la santé et à une vie saine, car l’identité de l’enfant se construit dès le plus jeune âge », a-t-il souligné.
Interrogée sur l’impact de ces discussions, Yali Grace, une jeune fille de 24 ans en situation de handicap visuel et scolarisée en classe de première, confie avec un sourire : « Ces échanges nous permettent, à nous les jeunes, de mieux comprendre la sexualité et de lever les tabous que les parents nous cachent souvent. »
Sandrine Lessepge, mère d’une adolescente de 14 ans en situation de handicap auditif, partage son ressenti sur le « Meet up » : « Cet événement met en lumière notre rôle de parents dans l’éducation sexuelle de nos enfants en situation de handicap et nous offre des outils pour ouvrir le dialogue avec eux sur la sexualité. »
Avis partagé par Assalé Rodolphe, père de deux enfants dont l’un est en situation de handicap auditif. Selon lui, « c’est une belle initiative pensée par AIBEF, la méthodologie de ce qui est l’apprentissage et la formation sur la santé sexuelle. Ce sont des choses à capitaliser et à reproduire à grande échelle ».
Dans son discours d’ouverture, Pascale Ouattara, directrice exécutive de l’AIBEF, a souligné que cet événement constitue une opportunité de renforcer les liens entre l’AIBEF, les parents et les enfants en situation de handicap. Elle a réaffirmé l’engagement de l’organisation à améliorer les connaissances des personnes en situation de handicap, afin de favoriser l’adoption de comportements sains et responsables en matière de sexualité, tant pour elles que pour leurs parents.
Notons que ce dialogue intergénérationnel a enregistré la présence des représentants du ministère de la santé et du responsable des affaires financières et matérielles de la direction de la promotion des personnes handicapées (DPPH).
Appel à la décentralisation des écoles pour sourds en Côte d’Ivoire
Assalé Rodolphe, d’ailleurs président de l’association des parents d’élèves de l’École ivoirienne pour les sourds (ESIS), a lancé un plaidoyer auprès des décideurs pour accorder une attention accrue aux enfants en situation de handicap auditif, souvent négligés.
« Actuellement, une seule école en Côte d’Ivoire est habilitée à accueillir ces élèves, ce qui est largement insuffisant. L’association, qui regroupe 250 parents d’enfants scolarisés à l’ESIS, sans compter ceux non pris en charge », a-t-il fait remarquer. À l’en croire, la décentralisation des établissements spécialisés permettra de répondre aux besoins d’un plus grand nombre d’enfants sourds à travers le pays.
La rencontre a pris fin par un panel, suivi de la distribution de produits d’hygiène menstruelle aux filles en situation de handicap.
Maya Konan