Sidi Ould Tah, ancien ministre de l’Économie et des Finances de la Mauritanie (2008-2015), apporte plus de 35 ans d’expérience dans la finance africaine et internationale. Depuis 2015, il dirigeait la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), où il a transformé l’institution en quadruplant son bilan et en obtenant une notation AAA. Sa campagne, soutenue par des pays comme la Côte d’Ivoire, le Bénin et des partenaires arabes, a mis en avant une vision ambitieuse pour la BAD, articulée autour de quatre axes : mobiliser des capitaux à grande échelle, transformer le boom démographique en levier économique, réformer l’architecture financière africaine et développer des infrastructures résilientes à forte valeur ajoutée.
L’élection de Sidi Ould Tah intervient dans un contexte économique complexe, marqué par le désengagement des États-Unis, qui suspendent 500 millions de dollars d’aide, et une réduction des investissements chinois. Face à ces défis, le nouveau président plaide pour une coordination renforcée avec d’autres institutions financières africaines et une mobilisation accrue du secteur privé. « Un euro dépensé par la BAD doit en mobiliser dix », a-t-il déclaré, soulignant son ambition de multiplier par dix les financements actuels de l’institution, qui s’élèvent à environ 10 milliards d’euros par an.
Polyglotte, Sidi Ould Tah incarne un leadership discret mais efficace, contrastant avec le style flamboyant de son prédécesseur. Il prendra ses fonctions le 1er septembre 2025 pour un mandat de cinq ans, avec pour mission de renforcer la souveraineté économique de l’Afrique et de répondre aux défis climatiques et sociaux du continent.
Maya Konan